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Les représentations: les mécanismes au coeur des témoignages

À première vue, la faible présence des femmes dans les filières informatiques pourrait s'expliquer par un simple manque d'intérêt. Pourtant, les entretiens réalisés auprès des étudiantes racontent une réalité plus nuancée. Derrière les choix d'orientation se cachent des représentations, des expériences et des mécanismes sociaux

Les témoignages qui suivent illustrent trois thèmes majeurs: des contours de la discipline souvent flous, un sentiment de légitimité parfois fragilisé et une culture encore largement perçue comme masculine. Autant d'éléments qui permettent de mieux comprendre pourquoi certaines jeunes femmes ne se projettent pas spontanément vers ces formations.

plusieurs personnes qui travaillent à l'ordinateur

Trois regards, trois représentations clés

1. L’informatique : une notion aux contours flous

L’informatique reste souvent perçue de manière très générale. Peu de participantes savent précisément ce que recouvrent les études ou les métiers liés à ce domaine. Les réponses recueillies montrent que l’informatique est fréquemment assimilée au codage ou au travail devant un ordinateur.

Pourtant, les formations en informatique couvrent une grande variété de domaines : développement d’applications, cybersécurité, intelligence artificielle, science des données, réseaux, systèmes embarqués, gestion de projets ou encore expérience utilisateur. Mieux connaître cette diversité permet de dépasser certaines idées reçues et de mieux identifier les parcours susceptibles de correspondre à ses centres d’intérêt.

« Selon vous, qu'apprend-on concrètement dans une formation en informatique ? »

« Le fonctionnement des ordinateurs, du code...je sais pas vraiment (rire) »

2e année – Social

2. Le sentiment de légitimité

La légitimité perçue constitue un enjeu central. Plusieurs étudiantes s'interrogent sur leurs capacités à réussir en informatique, notamment en raison des mathématiques ou d'un manque de confiance en elles. Certaines hésitent à envisager cette filière avant même d'avoir réellement découvert son contenu ou expérimenté les compétences qu'elle mobilise.

Pourtant, les études en informatique s'appuient avant tout sur un apprentissage progressif. Comme dans toute formation, les connaissances s'acquièrent au fil du cursus et il n'est pas nécessaire d'avoir déjà toutes les compétences pour réussir. Se renseigner sur les programmes, échanger avec des étudiantes ou participer à des journées découvertes peut permettre de dépasser ces premières appréhensions et de se projeter plus sereinement dans la filière.

« Je me dis que je me sentirais un peu comme une intrus... que j’aurais de la peine à m’intégrer »

2e année – Tourisme

3. Une culture perçue comme masculinisée

L’informatique est souvent associée à un univers masculin : « geeks », jeux vidéo, compétitivité ou encore passion précoce pour les nouvelles technologies. Ces représentations, largement véhiculées dans la société et les médias, peuvent influencer les perceptions dès l'enfance et donner l'impression que cette filière s'adresse davantage aux garçons qu'aux filles.

Le manque de modèles féminins visibles contribue également à renforcer ce sentiment. Lorsqu'il est difficile de s'identifier à des étudiantes ou à des professionnelles du secteur, il peut devenir plus compliqué de se projeter dans cette voie. À l'inverse, découvrir des parcours variés et des profils féminins permet de montrer qu'il n'existe pas un seul profil « fait pour l'informatique » et que cette filière est accessible à toute personne intéressée, quel que soit son parcours.

« Je pense que le fait que les garçons jouent aux jeux vidéo quand ils sont petits fait qu’ils sont plus intéressés…»

2e année – Sciences de la vie